AGENT CARTER S02E01-02, LA CRITIQUE

Il y a à peine plus d’un an, Agent Carter faisait son apparition sur ABC pour une mini-série hivernale, destinée à combler le trou laissé par Agents of S.H.I.E.L.D. pendant sa pause. Mettant en avant Hayley Atwell dans la peau de Peggy Carter, la série jouait sur un personnage, popularisé par le premier film Captain America et l’amour du public pour son interprète.

Une dizaine de mois avant l’arrivée de Jessica Jones sur Netflix, Marvel Studios mettait donc déjà en avant une héroïne, femme forte à une époque qui ne l’acceptait pas, et qui devait jouer des coudes ou évoluer en secret pour parvenir à ses fins. Si la saison 1 ne fut pas exempte de défauts, son format et sa mise en œuvre furent une bonne surprise à côté d’un Agents of S.H.I.E.L.D. souffrant de saisons étirées sur 22 épisodes, sans forcément avoir les moyens et la matière pour les combler. On aurait pu s’arrêter là, mais Marvel et ABC ont reconduit l’opération devant la popularité du personnage, et les (relatifs) bons résultats de la série. Pour le meilleur, et pour le pire.

Prenant le spectateur à revers, la saison 2 commence par clore une intrigue laissée en suspens par la fin de saison précédente. Les pistes laissées ouvertes étaient nombreuses, et si on ne doute pas que plusieurs d’entre elles seront explorées sur le long terme, on ne s’attendait pas à voir cette scène si tôt dans la saison. Néanmoins, elle ne fait que marquer le début d’une nouvelle histoire pour le personnage, mais elle embraye surtout sur une habitude qui commence à nous fatiguer chez Marvel Studios : le « tout est lié ».

Car ce qui faisait autrefois la force de la franchise devient redondant et prévisible, là où on aimerait un peu plus d’inattendu. Dix épisodes ne sont probablement pas assez pour se lancer dans plusieurs directions (même si je ne suis pas tout à fait d’accord), mais de là à forcer les choses pour qu’elles s’imbriquent, c’est dommage.

DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE

Comme c’était annoncé, après un bref passage sur la Côte Est, Peggy Carter s’envole pour Los Angeles et son soleil de plomb. Un passage à la lumière qui se joue sur plusieurs niveaux, puisque l’Agent Carter est enfin reconnue par ses pairs, et opère au grand jour en tant que membre éminent de la SSR. Laquelle ne semble pas non plus trop secrète, malgré un nouveau QG tout aussi dissimulé, qui laisse entrer n’importe quel inspecteur de L.A. On cherche la logique qui nous troublait déjà en saison une. Mais après tout, le S.H.I.E.L.D. nous avrait déjà habitué à une politique ambiguë (surtout absurde) de l’organisation secrète, qui ne l’est que quand le scénario le demande.

Et on regrette déjà cet état de fait, évolution logique de la série et du personnage, certes, mais qui vient retirer une partie de ce qui faisait le charme de la série : Peggy travaillant en secret contre ses collègues, et tout le décalage qui en découlait. Elle n’est plus qu’une enquêtrice pour une énième organisation, qui travaille ici sur des affaires étranges.

Heureusement, reste le duo qu’elle forme avec Jarvis, qui fonctionne toujours aussi bien, et qui se voit complété par l’arrivée (enfin) de la femme de celui-ci. Interprétée par Lotte Verbeek, Ana Jarvis est une nouvelle touche de fraîcheur à l’univers de la série, qui renouvelle une partie de son casting suite au déménagement.

Là où le bât blesse vraiment, c’est sur l’intrigue qui ramène en avant les mêmes forces mais surtout les mêmes faiblesses que la saison précédente, et dans un second temps, appuie la redondance de l’univers Marvel Studios. Nous sommes face à une nouvelle organisation secrète qui tente de contrôler le monde (dont le logo est un copier-coller d’un logo introduit dans Agents of S.H.I.E.L.D. cette année, alors que le producteur nous dit que ça n’a rien à voir…), d’un énième élément mystérieux dont le pouvoir est convoité par tous, qui pousse le bouchon jusqu’à être visuellement similaire au Gravitonium ou au monolithe introduits dans Agents of S.H.I.E.L.D., et d’une nouvelle enquête qui avance beaucoup trop facilement, ponctuée des combats de Peggy contre les méchants. Et l’ajout d’une antagoniste en devenir qui nous rappellera Dottie, alors que cette dernière n’a pas complètement disparu. On fait un clone de la saison 1, et on change un peu son contexte.

Et son ambiance aussi d’ailleurs, puisqu’avec la lumière vient une atténuation du style rétro qu’essayait de se donner la saison une. Notons d’ailleurs qu’ABC ne mise plus sur de grands réalisateurs, censés apporter leur patte à la série, mais prend des metteurs en scène habitués au milieu, qui réalisent deux épisodes avant de passer la main, alors que le pool de scénariste semble se régénérer à chaque épisode.

Sans être ennuyeux, ce début de saison s’avère donc trop quelconque et redondant, à peine aidé par le renouvellement d’un casting secondaire intéressant, mais qui s’accompagne d’intrigues amoureuses dont on se serait bien passés. La formule aura fonctionné une fois, mais le charme s’estompe et il se peut qu’on s’en lasse très vite. D’autant plus qu’on voit le futur de cette saison déjà tout tracé.

Source : Comicsblog du 20/01/16 par Manu


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A propos de Hayley Atwell, actrice britannique
Hayley Atwell, née le 5 avril 1982 à Londres, Angleterre, est une actrice britannique. Après plusieurs téléfilms, elle obtient son premier rôle au cinéma dans Le Rêve de Cassandre de Woody Allen aux côtés d’Ewan McGregor et Colin Farrell. En 2008, elle apparait dans The Duchess avec Keira Knightley. En (...)
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