Jean-Christophe & Winnie : ode à l’enfance et à sa mélancolie

Avec ses personnages attachants, son âme d’enfant permanent et ses jolies couleurs, « Jean-Christophe & Winnie » ose un pari fou : celui de faire rêver les enfants et surtout les adultes. À travers un long-métrage qui rend véritablement hommage à l’enfance, à son innocence et à sa beauté, Marc Forster relève-t-il sans fausses notes ce pari ?

Dans la continuité d’un cycle commencé il y a quelques années par la Walt Disney Compagny, Jean-Christophe & Winnie relate, sous la forme d’un live-action les célèbres aventures du non-moins célèbre Winnie l’ourson et de son ami, fait de chair et d’os, Jean-Christophe. Personnage inventé en 1926 par Alan Alexander Milne et illustré par Ernest Howard Shepard, Winnie l’ourson est, depuis les années 1966, devenu une des figures les plus reconnaissables de l’univers Disney. Ce long-métrage, qui fait suite au film d’animation, centré sur sa séparation, puis ses retrouvailles avec Jean-Christophe, est sur la carte des films les plus attendus de cette fin d’année. Le projet, confié à Marc Forster, à qui l’on doit World War Z et Quantum of Solace, ses deux plus grands succès, est une ode à l’enfance, à sa tendresse et à sa mélancolie.

C’est un peu la bouffée d’air frais qu’il nous fallait et la petite parenthèse enchantée que l’on reprendrait sans modération. Jean-Christophe & Winnie n’est pas tout à fait un film de fêtes de fin d’année mais il en a tous les atouts : tendre, chaleureux et touchant et entre deux films d’horreur c’est pile ce qu’il nous fallait.

La mélancolie de l’enfance
L’essence du personnage de Winnie l’ourson est sans aucun doute cette douce et naïve mélancolie qui le transporte. Si c’est physiquement, par le personnage de Jean-Christophe, brillamment incarné par Ewan McGregor, que le temps passe et que l’on quitte le monde doux et innocent de l’enfance pour celui de la dureté du monde adulte, c’est par le biais de Winnie l’ourson que le passage de l’enfance au monde adulte se fait moralement ressentir. Lui qui garde éternellement sa part d’innocence, sa vision simple mais pas simpliste du monde et à qui l’on colle une étiquette de naïveté car on a oublié de rêver, est en réalité une figure philosophique et positive du monde.

Bien que les premières scènes dans la vie adulte montrent des personnages enfermés dans des stéréotypes et des cases bien définies, comme c’est le cas pour Jean-Christophe, employé d’une grande marque de maroquinerie qui fait passer son travail avant le bonheur de sa famille. Ou encore le personnage de Evelyn, tenu par Hayley Atwell, femme au foyer qui se sent délaissée, ils s’en défont rapidement pour donner un tout autre aspect au récit. Un aspect moins formel et beaucoup plus libre qui réussit à nous transporter et à nous faire rêver.

Quant à la réalisation, signée Marc Forster, bien qu’elle soit oubliable, elle permet de mettre en relief les personnages du récit par le biais de jolies couleurs et d’une mise en scène classique mais appréciable. Les personnages animés peuvent constituer à eux-seuls la vivacité de la réalisation. Remarquablement bien pensés puisqu’ils sont captés en prises de vues réelles et réalisés avec un aspect vieillit grâce à un design reprenant celui des anciennes peluches, ils complètent l’atmosphère mélancolique et enchantée du film.

Pour les petits mais surtout pour les grands
« Tout commence par les rêves » comme disait Walt Disney, et si cette petite phrase est devenue la philosophie de vie de ses nombreux parcs d’attraction et des nombreux films qui complètement l’industrie aux grandes oreilles, c’est une chose plus facile à dire qu’à faire. Le long-métrage de Marc Forster atteint ce pari presque fou de faire oublier aux adultes que les rêves sont futiles et superficiels. Ici, ils sont encouragés à rêver autant que les enfants, à se prendre au jeu de l’imagination et à croire en l’impossible.

Jean-Christophe & Winnie est une invitation à ne pas oublier notre enfance, à chérir son innocence et à accepter la mélancolie qui l’accompagne. Bien que les films pour les fêtes de fin d’année de l’entreprise Disney soient Casse-Noisette et les Quatre Royaumes et le très attendu Le Retour de Mary Poppins, l’ourson le plus adorable et le plus philosophique du cinéma conquis autant qu’un conte de Noël.

Source : Cinéséries du 24/10/18 par Pauline Mallet


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