lundi, 21 août 2017|
 

"Peggy Carter n’est pas une superhéroïne, c’est une super personne"

Rencontre avec Hayley Atwell, l’interprète principale de la dernière série Marvel, qui débute ce vendredi sur Canal+ Family.

Il n’y a pas que des superhéros dans l’écurie Marvel. Il y a aussi quelques superhéroïnes, et des héroïnes tout court. Peggy Carter est une des plus atypiques d’entre-elles. Loin des bastons futuristes des Agents of S.H.I.E.L.D. (dont sa série est une déclinaison), elle se frotte aux méchants de l’Amérique de l’après-guerre sans pouvoirs, mais avec une intelligence bien supérieure à celle de ses collègues de bureau, agents spéciaux machos. Hommage sympathique au film noir, rythmée et amusant, Marvel’s Agent Carter (en V.O) arrive en France sur Canal+ Family. J’ai pu en discuter avec son interprète, Hayley Atwell, lors du dernier Festival de Télévision de Monte Carlo.

Agent Carter est non seulement un spin-off de Agents of S.H.I.E.L.D, mais aussi un rouage d’une machine plus ample, le "Marvel Cinematic Universe" (MCU), qui comporte aussi les films de la marque. Comment se situe-t-on dans ce cadre large ?

Le fait d’avoir incarné Peggy Carter au cinéma, dans les deux Captain America, m’a permis de la faire grandir progressivement, de prendre possession du rôle, avant qu’il ne s’installe dans la série. Désormais, je me sens un peu à part, dans un monde qui n’a pas grand-chose à voir avec celui des blockbusters — et même de Agents of S.H.I.E.L.D., l’intrigue se déroulant en 1946. Ça n’est pas une pression d’avoir au-dessus de moi ces puissantes machines, plutôt un soutien, la certitude que je n’avance pas seule, que l’impact de la marque Marvel va me permettre de bien faire les choses.

Artistiquement, c’est un plus, pour un personnage comme Peggy Carter, d’avoir le background des films ?

Dans Captain America, le soldat de l’hiver, on la voit âgée, à 86 ans, dans une maison de retraite, et elle dit avoir vécu une vie pleine et riche. Dans le premier film, elle a tout juste 20 ans. Et il y a, bien entendu, sa relation amoureuse avec Steve Rogers (le nom au civil de Captain America, ndlr). Il y a donc déjà, dans ce que le grand écran nous dit d’elle, pas mal d’éléments qui permettent de lui donner chair. La permet sert ensuite de rassembler les détails donnés par les films, et de nous montrer qui est vraiment Peggy Carter, son job, ses missions, et comment elle a vécue avec son époque.

First Official Look at Marvel’s Agent Carter on ABC
Get a brief first look at Hayley Atwell in action once more with a new preview for "Marvel’s Agent Carter," coming to ABC January 2015 !
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Les films nous donnait une idée de l’héroïne, mais la femme n’apparait vraiment que dans Agent Carter ?

Exactement. C’est tout l’intérêt de la série, sa capacité à s’arrêter sur les détails, sur l’état de deuil de Peggy. Sa vulnérabilité, sa douceur et paradoxalement sa capacité à survivre à une vie d’agent double particulièrement dangereuse, tout cela fait d’elle un personnage infiniment plus complexe que ce que l’on a pu en percevoir dans le film. Si j’ai accepté de glisser sur le petit écran, c’est pour montrer ses humeurs, son côté obscur, ce qui la fait réagir et ce qui motive ses actions.

Et si vous revenez dans un prochain film…

Je serais, il me semble, bien meilleure. Parce que Peggy est désormais une femme entière, un personnage dessiné plus précisément. C’est un cercle vertueux, qui sur le long terme doit servir aussi le grand écran.

Quand on parle de Marvel, on pense "superhéros". Ici, ce n’est pas le cas, n’est-ce pas ?

Peggy Carter n’est pas une superhéroïne… mais une super personne. Elle est surdouée, superieurement intelligente, maline, capable de se tirer de toutes les situations. Elle n’a pas de superpouvoirs, mais tout ce qui lui passe par la main peut devenir fatal, d’un barreau de chaise aux talons de ses chaussures. Son côté humain la rend plus attachante encore, plus proche des téléspectateurs…

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La première saison est presque une minisérie en huit épisodes…

Oui, et c’est une histoire bouclée, avec une écriture resserrée, précise, portée par des arcs narratifs secs. Presque comme si nous avions fait quatre films, en s’évitant de devoir traiter un mystère par épisode, en étant plus feuilletonnant.

C’est un spin-off de Agents of S.H.I.E.L.D., mais ça n’a pas grand chose à voir !

Nous n’avons pas affaire à des surhommes, et nous ne sommes pas à la même époque. Du coup, il y a beaucoup plus de sous-texte sociétal, sur les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, sur la place des femmes, notamment dans la sphère professionnelle…

Agent Carter est un rare cas de série héroïque portée par une femme…

Il a fallu attendre le succès du second film Captain America pour que les producteurs se disent qu’ils avaient assez de matière pour imaginer une série sur Peggy Carter, et assez de fans pour se reporter sur le petit écran. Ils ont tiré profit du fait qu’elle est très énigmatique dans les longs métrages, qu’on s’attache à elle sans trop en savoir. Elle n’est pas seulement unique parce qu’elle est une femme, elle a surtout la sympathie des téléspectateurs parce qu’elle est consciente de ses forces et de ses faiblesses, qu’elle est imparfaite.

Contrairement à de nombreux superhéros "maudits", elle accepte sa mission avec joie…

C’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’elle l’accomplit en paix. Elle est hantée par tous les morts qui s’entassent autour d’elle. Elle a la certitude d’être nocive, et de causer la perte de ceux qui osent s’attacher à elle. Elle se demande en permanence si le sacrifice vaut la peine, ce à quoi son partenaire de combat, Jarvis, répond qu’elle ne le saura que quand tout sera fini. C’est à dire trop tard.

Que dire de ce personnage de "valet", qui possède pas mal d’attributs traditionnellement associés aux femmes ?

C’est un mécanisme comique qui fonctionne très bien. D’ailleurs, Peggy répète qu’elle n’a pas besoin de lui et qu’elle se débrouille très bien seule. Il est censé la protéger, c’est la mission que lui a confiée Howard Stark (le père de Tony, qui deviendra Iron Man, ndlr), mais elle prend aussi souvent soin de lui. Ce qui, si on pense aux rapports de force de la société américaine des années 1940, a quelque chose d’étonnant et de comique.

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Peut-on pousser jusqu’à qualifier Agent Carter de série féministe ?

Sans en faire un brûlot politique, il est difficile de ne pas voir dans ce genre de personnage une sorte de féminisme, oui. D’autant que la saison 1 insiste beaucoup sur les hommes avec qui elle travaille, qui la prennent de haut. Je la trouve d’autant plus féministe qu’elle n’est pas définie par son sex-appeal, mais bien plutôt par sa vivacité d’esprit.

Que pouvez-vous nous dire de la saison 2 ?

Il y aura 10 épisodes, donc deux de plus qu’en saison 1, ce qui reste un format plus proche de ce que l’on voit habituellement sur le câble. Je préfère les saisons courtes, qui ne se dispersent pas, qui font plus attention aux détails. L’histoire reprendra un an plus tard, et se déroulera à Los Angeles. Nous allons tourner en extérieur, avec un style très "film noir" (avec l’accent français, ndlr), un peu comme dans L.A Confidential. Depuis le début, je me suis inspirée des actrices du Hollywood des années 1940, Bette Davis, Katharine Hepburn, des femmes modernes, en avance sur leur époque, forte, engagée et sexy. J’espère que Peggy va leur ressembler, de plus en plus.

Agent Carter, le vendredi à 20h50 sur Canal+ Family

Source : Télérama du 06/07/15 par Pierre Langlais


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A propos de Hayley Atwell, actrice britannique
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