Jean-Christophe et Winnie, une histoire de peluches pour... adultes

Le dernier-né des studios Disney, en salle aujourd’hui, propose une quête touchante du retour en enfance mais se heurte à un scénario par nature enfantin.

Un film sur Winnie l’ourson avec des peluches qui parlent et des décors charmants : parfait pour un cinéma avec les enfants pendant les vacances de la Toussaint, non ? Eh bien, pas vraiment. Jean-Christophe et Winnie a beau sortir des usines très familiales de Disney, il n’a pas grand-chose d’enfantin. Le nom du réalisateur, Marc Forster (World War Z, Quantum of Solace, Machine Gun...), aux commandes de ce long-métrage aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Ce Winnie l’ourson en prises de vues réelles a de quoi dérouter les petits comme les grands !

Oubliez les dessins animés colorés dans lesquels Winnie, Porcinet, Bourriquet et Cie vivent des aventures légères dans la joie et la bonne humeur. Jean-Christophe et Winnie s’ouvre sur une triste scène : le jeune garçon, qui intègre un lointain internat, doit quitter ses amis poilus de la forêt des Rêves. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Jean-Christophe grandit (il prend alors l’apparence d’Ewan McGregor), rencontre sa femme (jouée par Hayley Atwell), se bat durant la Deuxième Guerre mondiale pour finalement se retrouver employé d’une entreprise londonienne de bagages et soumis aux volontés d’un patron sans pitié (campé par un Mark Gatiss très caricatural). Alors que Jean-Christophe doit faire une croix sur un week-end en famille pour travailler – sa femme et sa fille lui en veulent, bien sûr, terriblement –, il tombe sur Winnie, qui lui demande de l’aide pour retrouver ses amis.

Le héros suit malgré lui l’ourson jusque dans une forêt des Rêves qui a bien changé. Devenue brumeuse, grise et sans joie, elle est à l’image de la vie d’adulte que mène aujourd’hui l’ancien petit garçon. Mais Winnie et ses amis sont bien décidés à lui faire retrouver son âme d’enfant. S’ensuit alors une série de séquences mélancoliques, portées par un Ewan McGregor très juste dans le rôle du désabusé incapable d’ouvrir les yeux. Face à lui, Winnie se montre touchant avec ses répliques simples (parfois simplistes) mais pleines de vérité sur les choses importantes de la vie. À ce stade du film, les parents qui auront emmené leurs enfants se demanderont s’ils n’ont pas fait erreur – et ce ne sont pas les rares scènes enfantines avec les peluches qui suffiront à inverser la tendance (d’autant que les créatures en question ont elles aussi gagné en maturité visuelle).

Confusion

Sans doute est-ce le principal défaut de ce Jean-Christophe et Winnie par ailleurs sympathique : semer la confusion chez le spectateur non averti. Il faut dire qu’avec un tel sujet le choix de Marc Forster de s’adresser principalement aux adultes a quelque chose de forcément schizophrénique. Du coup, le film en fait trop, appuyant à tire-larigot sur les cordes sensibles afin d’émouvoir le Jean-Christophe qui sommeille dans tous les quadras qui s’aventureraient devant lui. Le message se fait répétitif, l’atmosphère pesante, et l’on en vient à regretter que Disney n’ait pas opté plutôt pour une veine comico-dramatique à la Hook de Steven Spielberg, qui traitait du retour à l’enfance en s’adressant à toute la famille.

Heureusement, le dernier tiers de Jean-Christophe et Winnie sauve un peu la mise. Le rythme s’accélère et les scènes cocasses se succèdent lorsque le héros, sa famille et leurs amis en peluche déboulent dans le Londres bouillonnant de l’après-guerre. À l’arrivée, malgré une fin ultra-prévisible et un numéro d’équilibriste complexe, cette drôle d’adaptation a son charme. Dommage qu’elle ne parvienne pas à réconcilier deux publics qui auraient bien voulu y assister ensemble !

Jean-Christophe et Winnie, de Marc Forster. Sortie le 24 octobre. Avec Ewan McGregor, Hayley Atwell, Mark Gatiss, Bronte Carmichael. 1 h 43.


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A propos de Hayley Atwell, actrice britannique
Hayley Atwell, née le 5 avril 1982 à Londres, Angleterre, est une actrice britannique. Après plusieurs téléfilms, elle obtient son premier rôle au cinéma dans Le Rêve de Cassandre de Woody Allen aux côtés d’Ewan McGregor et Colin Farrell. En 2008, elle apparait dans The Duchess avec Keira Knightley. En (...)
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